Crise énergétique européenne : officiellement terminée, mais pourquoi l’électricité reste 40 % plus chère qu’en 2021 ?

Énergie
4 min

La crise énergétique européenne de 2022–2024 est officiellement considérée comme terminée par les institutions internationales (IEA, Commission européenne). Les pénuries ont été évitées, les marchés se sont stabilisés et les risques de coupures massives ont disparu.

Pourtant, un constat demeure pour les consommateurs : les prix de l’électricité restent durablement 30 à 40 % plus élevés qu’avant la crise. Pourquoi cette hausse persiste-t-elle alors que l’urgence est passée ? La réponse tient à un nouveau contexte structurel, souvent résumé par les experts comme un “new normal énergétique”.

Crise énergétique 2022–2024 : pourquoi peut-on dire qu’elle est terminée ?

Définition de la crise énergétique

La crise énergétique européenne débute en 2022 avec :

  • la rupture brutale des approvisionnements en gaz russe après la guerre en Ukraine,
  • une explosion des prix du gaz et de l’électricité,
  • un risque réel de pénuries et d’arrêts industriels.

Point culminant : été 2022, avec des prix spot de l’électricité dépassant 1 000 €/MWh, contre 50 à 100 €/MWh avant la crise.

Les critères de sortie de crise selon les institutions

La crise est considérée comme terminée car :

  • Approvisionnement en gaz sécurisé
    Le GNL (États-Unis, Qatar, Norvège) a remplacé le gaz russe.
  • Stocks européens élevés
    Les réserves de gaz sont régulièrement au-delà de 90–95 % avant l’hiver.
  • Prix de marché normalisés
    Les prix spot sont revenus sous les 100–150 €/MWh, loin des sommets de 2022.
  • Activité industrielle maintenue
    Plus de scénarios de fermeture massive faute d’énergie.

Sur le plan technique et sécuritaire, la crise est bien terminée.

Pourtant, les prix restent nettement plus élevés qu’avant 2022

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Évolution des prix de l’électricité (ordre de grandeur)

 

Période Prix moyen spot Écart vs 2021
2021 (pré-crise) ~60 €/MWh Référence
Pic août 2022 ~1 000 €/MWh +1 500 %
Fin 2024 100–120 €/MWh +70 à +100 %
Fin 2025 ~90–100 €/MWh +40 à +60 %

Même après la crise, les prix ne sont pas revenus aux niveaux de 2021.

Pourquoi les prix restent durablement élevés : 5 raisons structurelles

1️⃣ La transition énergétique a un coût réel

Les énergies renouvelables sont compétitives sur la production, mais nécessitent :

  • des réseaux plus complexes,
  • du stockage (batteries),
  • des investissements massifs dans la distribution.

Ces coûts se traduisent par des charges supplémentaires intégrées au prix final de l’électricité.

2️⃣ La demande mondiale d’énergie continue d’augmenter

  • Chine, Inde et Asie du Sud-Est poursuivent leur industrialisation.
  • La concurrence mondiale pour le gaz et l’électricité s’intensifie.
  • Le marché du GNL est désormais mondialisé, ce qui aligne les prix européens sur les tensions asiatiques.

L’Europe n’est plus isolée des marchés mondiaux.

3️⃣ Le coût du carbone est désormais intégré

Le système européen ETS impose un prix au CO₂ :

  • 30 à 60 € par tonne selon les périodes.
  • Ce coût s’ajoute aux productions fossiles (gaz, charbon).

Même avec un gaz disponible, le coût réglementaire reste élevé.

4️⃣ La rupture avec le gaz russe est structurelle

  • Le gaz russe bon marché ne reviendra pas à court terme.
  • Le GNL importé est structurellement plus cher (liquéfaction, transport).

Cette substitution entraîne un surcoût permanent de 15 à 20 %.

5️⃣ L’inflation des infrastructures et du travail

  • Réseaux électriques, maintenance, main-d’œuvre :
    +20 à +30 % de coûts depuis 2021.
  • Ces hausses sont intégrées dans les tarifs d’acheminement.

Exemple : foyer consommant 3 500 kWh/an

  • 2021 : ~500 € / an
  • 2025–2026 : ~800 à 850 € / an

Surcoût durable : +300 à +350 € par an, même hors crise.

Comment s’adapter au “new normal” énergétique ?

1. Accepter que les prix bas de 2021 ne reviendront pas

Attendre une baisse massive expose à :

  • des hausses imprévues,
  • des contrats moins protecteurs.

Les offres à prix fixes permettent de sécuriser son budget.

2. Réduire structurellement sa consommation

  • Isolation (combles, fenêtres) : 25 à -30 % sur le chauffage.
  • Éco-gestes et programmation : 10 à -15 % supplémentaires.

3. Produire une partie de son électricité

  • Solaire de balcon : 50 à 100 € d’économies/an.
  • Installation résidentielle : 500 à 800 € d’économies/an selon le cas.

La production locale devient un levier clé de résilience.

FAQ

Oui, selon les critères d’approvisionnement, de stocks et de stabilité du réseau. Les pénuries ne sont plus une menace immédiate.

Parce que les causes actuelles sont structurelles (transition, carbone, géopolitique), et non conjoncturelles.

Une baisse ponctuelle est possible, mais un retour durable aux niveaux de 2021 est très peu probable.

Oui, pour les foyers recherchant de la visibilité budgétaire face à un marché incertain.

Comparer les offres, réduire la consommation, programmer les usages, et envisager l’autoproduction solaire.